- Mais pour qui tu te prends? -


Non parce que moi ça dépend, suivant ce que je regarde comme série sur Netflix ça peut varier.

Pour te donner une petite idée, je me sens noire, sexy, irrésistiblement intelligente et bien entendu folle amoureuse de Grant après un épisode de Scandale. Tu peux m’appeler Olivia Pope je te répondrai, sois en sûr ;). Je suis Annalise Keating, avocate de « How to get away with murder » , super prête à défendre mes droits même si c’est à Auchan. Va pas essayer de resquiller à la caisse tu vas avoir droit à une plaidoirie des plus éloquentes. Ou encore une kayra en colère et blessée en sortant du ciné après avoir vu Divine. Et le meilleur pour la fin, faire comme Ray DONNOVAN en pétant la gueule à tous ceux qui me font chier. Dire au téléphone « something came up » ou le must c’est « shut the fuck up ! », j’aime trop J.

Bon tu l’auras compris, j’ai une capacité de transfert plutôt large, voire pathologique…Peut-être devrais-je m’en inquiéter non ? Naaaann ça va je gère c’est pour de faux ! Ce n’est pas non plus une absence de personnalité. Ce n’est pas franchement le genre de truc qui me manque, t’inquiète même pas !

En bref, si toi aussi ta démarche est différente en sortant des salles obscures et que ton attitude tout entière ressemble au personnage du dernier truc que t’a visionné, c’est bon t’es autant atteint que moi. Rassure toi, tout va bien. J’ai presque envie de te dire que c’est franchement sain. Sans faire de la psychologie de comptoir (on est des grandes spécialistes de ça, nous les filles, je crois bien qu’un jour je vais en faire un article), donc sans faire d’hypothèses houleuses, j’ai l’impression qu’on a garder notre âme d’enfant. C’est plutôt cool d’après moi, parce que qu’est-ce qu’on se marre putain !!!

En ce sens, les réseaux sociaux sont le bac à sable des grandes personnes, tu trouves pas ? En tout cas définitivement le mien. C’est pas le top du top ça ? Non franchement, c’est comme si t’étais revenu en enfance et que tu t’imaginais des trucs oufs comme être une princesse, un super héros ou Maya l’abeille, chacun son truc je ne jugerai personne. Le bonheur dans tout ça, le bonheur (t’inquiète je ne suis pas en train de me prendre pour Shakira dans sa pub de croisière là, n’aie crainte lol) c’est qu’aujourd’hui tu as les moyens de tes ambitions imaginaires. Tu peux carrément te mettre en scène et t’afficher fièrement aux yeux de tous, du moins ceux qui en ont envie. Bon, le risque c’est que tu peux passer pour quelqu’un qui a des petits problèmes d’ordre psychologique pas tout à fait résolus… A toi de voir ce que tu es capable d’assumer. Moi perso, du moment que je m’éclate, le reste m’importe peu. Les gens auront, quoiqu’il arrive, quelque chose à redire, alors n’en déplaise à certains je fais ce que je veux ahahaha !!!

Ce qui m’intéresse tout de suite maintenant c’est comment je peux me rêver dans n’importe quel personnage comme quand j’étais môme ? Non parce que le vrai enjeu est là. Bien que j’ai des objectifs c’est pas ce qui m’éclate le plus, non moi ce qui m’a très vite sauté aux yeux c’est que je pouvais faire vivre mes délires secrets. Je suis sûre que je ne suis pas la seule hein ?! Fais pas genre tu sais pas de quoi je parle. Tu vois quand t’allais dans ta chambre, devant le miroir pour voir comment ça faisait de se prendre pour quelqu’un d’autre et s’inventer une vie ? Bah moi je suis en train de te dire que tu peux le refaire maintenant, si si !

Donc quand je suis partie à New York dernièrement, ça m’est venu comme une évidence. Fallait que je le fasse, l’occasion était trop belle pour la laisser passer. Ni une, ni deux, je t’ai cherché l’endroit où se déroule le générique, j’ai cherché comme une damnée la tenue vestimentaire qui se rapprochait le plus. A savoir : un tutu blanc, un body rose, des escarpins ouverts et une pochette. Le tout surplombé d’une crinière bien bouclée. Bon l’originale est blonde mais je n’allais pas tout sacrifier non plus. J’avais quelques mèches blondes dues au dernier ratage de la coiffeuse sur ma personne qui ont fait l’affaire. Episode encore douloureux, nul besoin de revenir dessus…


Tu commences à voir où je veux en venir ?



Tada !! Me voilà en Carrie BRADSHAW déambulant entre Central Park et la 5ème avenue comme si de rien n’était, sous le regard amusé des passants. C’était génial, les gens me prenaient en photos, tantôt pseudo discrètement, tantôt sans gêne. Ils n’osaient pas passer quand je prenais la pose, obligée de leur dire que la voie était libre. C’était génial je le dis et je le redis. Expérience unique à répéter autant de fois que l’envie m’en prendra.



Pourquoi l’héroïne de Sex and the City ? Ce personnage était un pur plaisir pour les yeux et le moral. En fait, ça me faisait le plus grand bien de la voir mettre des trucs parfois improbables et ça démarche chaloupée envoyait un gros « je t’emmerde » aux regards réprobateurs. Sa fière allure disait « je sais que tu meurs d’envie de faire la même chose, mais toi, tu peux pas ! ».



On se marre plus pareil quand on grandi et moi j’ai pas envie de me faire chier plus que de raison dans ma vie d’adulte. Donc, je l’annonce officiellement, c’est le début d’une longue série de grands n’importe quoi en tout genre !! Je t’invite à essayer tu vas voir c’est grisant. Y’a presque pas de limites, le risque majeur c’est que tu ne plaises pas à tout le monde. J’ai envie de te dire, fort heureusement, si c’était le cas tu ne serais personne…


Le bonheur ? Le bonheur pour moi, c’est quelque chose comme ça (oh la ferme Shakira !)


P.S. : l’incarnation du personnage est plus que légitime dans mon cas. Bah oui quoi, j’écris comme elle, ok elle est journaliste et écrit pour vogue et moi j’en suis à mon troisième article mais quand même ! J’ai un ordinateur portable que je trimbale partout, j’habite presque la capitale et je suis une psychopathe de la mode ET j’ai les cheveux bouclés. Si ce n’est pas sur moi qu’ils auraient pu s’inspirer pour le personnage franchement …